Friday, October 31, 2008

Quelque chose se prepare....


L'amerique a l'heure d'halloween...


Ca promet....


Brrr....


L'attaque des araignees geantes... que fait la CIA ???



Booooooo !!!
Ce que les gens peuvent mettre dans leurs jardins quand-meme....
(cliquez sur la photo si vous voulez la resolution fond d'ecran)

Un supporter d'Obama
Comme l'annee derniere, Halloween nous a pris de vitesse... Il y eut deux posts super profonds et documentes a preparer, Guima qui changea d'ecole, Francois qui tomba malade (ca ba bieux baintedant, berci), et Gabito qui tomba du lit (17 fois depuis le dernier post, mais il dort par terre donc ca va aussi, merci derechef). Maintenant que la fete est finie, j'en publie les preparatifs, ou comment les jardins du voisinage se font beaux a l'approche du 31 Octobre. Les gens s'amusent bien, et ce n'est pas la crise financiere qui va les empecher de sortir les poupees en plastique orange des greniers !
Et nous ? De vieux rabat-joie mal lunes. Pas la moindre petite citrouille pour decorer notre entree (bon, les fleurs sur le balcon sont oranges, quand meme. Quoi, elles sont toute mortes ? Justement, c'est Halloween, eh fada !). Pour les "trick-or-treaters" du jour fatidique, pas la moindre cochonnerie sucree a se mettre sous la dent. On est alles s'approvisionner en fruits secs et petits joujoux pour preserver les petites gencives de nos voisins (qui auraient prefere des skittles bien entendu, eh, les copains, le 42 c'est pas la peine de sonner c'est des vieux schmolles). Bon tant pis pour vous les enfants, nous en tous cas on a bien rigole, hier jusqu'a deux heures du matin a tout emballer en petits sachets individuels. Enfin. Il est 22 heures et le gros des troupes est passe, demain si Dieu le veut je parlerai de la soiree qui vient de s'ecouler. Maintenant je prefere pas, j'ai peur de faire des cauchemars.
Bouh,
F&Cie

Wednesday, October 29, 2008

Ou est planque le butin (3/3)


Franklin se gausse...

Hello les copains, voila trois soirs de suite que je passe en blanc, vous invitant a boire des bieres virtuelles avec moi au comptoir de l'e-cafe du commerce... et ca oui, ca commence a se faire sentir dans la vie quotidienne... Une consequence indirecte de la crise financiere ? Je vais prendre une petite pause-pipi et vous laisser cuver les deux derniers posts...
--F
Ah, et que dite-vous de celle-la ?
Trois ninjas achetent des appartments dans un complexe immobilier, de 100.000 dollars chacun; pour un total global de 300.000 dollars. L'agent immobilier, voyant qu'ils ne sont pas tres riches, decide de leur faire une ristourne globale de 50.000 dollars, sans en parler au promoteur. Il se dit: je vais restituer 10.000 dollars a chacun des trois, et je garde 20.000 dollars pour moi ! Total, chaque ninja a paye son apparte 90.000 dollars pour un total de 270.000 dollars, l'agent immobilier a detourne 20.000 dollars... 270.000+20.000 = 290.000, ou sont passes les 10.000 dollars restants ?

Tuesday, October 28, 2008

Ou est planque le butin ??? (2/3)

Voici qui promet d'etre le volet le moins etoffe de cette trilogie monetaire internationale: comment la crise economico-financiere affecte-t-elle notre paysage direct a nous, bobos suburbains New-Yorkais? La reponse est une des raisons pour lesquelles cette crise, si enorme soit-elle, a mis si longtemps avant de meriter l'attention du redac'chef de TarrytoonNews: a vrai-dire, pas grand'chose n'a change dans notre vie quotidienne.

Grace a Laverdines, vous avez une vue objective de la progression du marche immobilier ces derniers mois. New York est nettement moins pire que la Floride ou la Californie, qui ont vu un boom immobilier exorbitant au debut des annees 2000, et maintenant connaissent un pas-boom tout aussi enorme... ou la "Rust Belt" au Nord, qui n'ont pas connu le boom mais maintenant connaissent le pas-boom. Re-ecoutez toutes les interviews des pauvres gars hypotheques ruines que les medias Francais vous ont distillees ces derniers mois: je parierais gros qu'ils viennent tous de Floride ou de Californie ou de l'Illinois ou du Minessota. Les journalistes sont comme les scientifiques: ils ne publient que leur meilleur data !

Je n'ai pas dit que notre Westchester dore n'a pas ete affecte. Les prix de l'immobilier ont sans doute baisse d'environ 10% depuis Novembre dernier, et surtout les maisons restent de plus en plus longtemps sur le marche - ce qui laisse penser que les prix vont continuer a descendre. Mais cela n'affecte pas vraiment la vie quotidienne de tout un chacun. Il y a quelques jours, les gros titres de RFI sur Internet semblaient d'ailleurs confirmer mon impression generale. RFI se demandait si "La crise financiere n'allait pas commencer a affecter l'economie reelle ????" (sic) ... comme si tous ces imbroglios financiers n'etaient qu'une espece de magie noire confinee dans un monde imaginaire parallele...

Cela dit, oui, les gens sont inquiets... un peu. Dans le vestiaire apres le basket le midi, les collegues s'interrogent les uns les autres sur la sante du Dow Jones - mais on joue toujours au basket le midi. Le president de notre chere compagnie nous a envoye a tous les 125000 employes de la boite il y a quelque jours un e-mail nous disant qu'"au vu des resultats du 3eme trimestre et de la conjoncture internationale, vous etes pries de travailler"; et le chef de la section "recherche" a enfonce le clou aujourd'hui en ajoutant "limitez les voyages, les conferences, et les coups de fils a votre femme avec le telephone portable de la compagnie; et ne reprenez pas deux fois du caviar lors de vos repas de business (sauf si vous etes avec un client)". Pourtant, les chiffres officiels font etat d'une augmentation de 5% des ventes dans le secteur "sante" de la compagnie par rapport a l'annee derniere; et notre meme president adore declarait il y a peu a un interviewer Chinois que "Notre business devrait etre peu affecte par la crise: nous nous focalisons sur la sante, et crise ou pas crise les baby boomers vieillissent jour apres jour et ont tous des maladies chroniques bien rentables". Alors ?

Comme toujours, ce sont sans doute les populations les plus vulnerables qui sont les plus touchees par la crise. Par exemple, les travailleurs latinos de Ossining doivent souffrir car leur secteur (construction) est evidemment directement affecte par desengouement immobilier. Mais les familles comme nous, les ViVi ? Oui, nos economies etaient chez Wachovia, une des immenses banques americaines qui a capote. Elles y sont toujours ! Wachovia s'est fait racheter par Wells Fargo d'une maniere tellement invisible que la banque ne nous a meme pas informe du changement de proprietaire ! Oui, nous avons quelques sous dans un fonds de pension pour lequel nous avions commence a cotiser (un peu) l'annee derniere, quand il a commence a devenir clair que nous allions rester aux USA pour quelque temps. On les y laisse, le temps de voir venir... je ne voudrais pas contribuer a faire de trop grosses vagues a haute frequence a Wall Street.

Finalement, cette crise modifie peu les comportements. Un gros ralentissement du marche immobilier, et un ralentissement graduel de la consommation (mais tout est relatif: il faut voir comment nos voisins s'equipent pour Halloween !) sont les deux seules tendances vraiment palpables depuis notre poste d'observation dans notre petit village de la Hudson Valley. La crise jusqu'a present a donc eu un effet qui pourrait presque etre qualifie de benefique sur le consommateur banlieusard moyen: le merite de demontrer que le modele du "tout a credit" presente ses limites et ses defauts inherents; et que sous la vague du credit sur laquelle il fait si bon surfer se cachent quelques recifs bien reels, bien dur et bien aceres.

A bientot pour le troisieme episode: mes impressions personnelles, en vrac.

Ah, et si vous avez vraiment beaucoup de temps a perdre sur les blogs (vous lisez bien celui-la, non ?) et que les histoires de crises et d'elections vous interessent, il y a toujours celui de l'ami Stef: http://libenewyork.blogs.liberation.fr/. Stef est un copain voisin avec un background de journaliste sportif lui aussi

Sunday, October 26, 2008

Ou est planque le butin ???? (1/3)

L'amerique et le monde sont en proie a une consultation frenetique et quotidienne de tous les medias possibles et imaginables pour suivre deux sujets haletants qui vont decider de l'avenir d'une bonne partie de l'humanite: la crise alimento-economico-financiere (ou vice-versa selon le point de vue) la plus grosse depuis 1929, et les elections americaines les plus passionnantes depuis 1789. Et sur votre blog prefere, on ne parle que des promenades dominicales d'une petite famille ordinaire et bobo, et du temps qu'il fait. Vous m'avez deja puni par un "commentaire-crunch" que je trouve pourtant immerite surtout au vu de la taille des exploits sportifs de Guima; je vais tacher de remedier a cela.

Il est vrai que, malgre le fait qu'on habite a New York, ville de Wall Street et des Nations Unies, dont le Bloomberg de maire est incidemment un enorme biznessman fondateur du plus gros media mondial d'information financiere; et a trois pas (americains) du FMI, de la Banque Mondiale et de la Federal Reserve, la crise financiere n'a ete touchee dans ces colonnes qu'en un modeste commentaire. C'est sans doute, comme d'ailleurs deja explique dans ledit commentaire, parce que cette crise vole trop haut pour moi qui n'ai malheureusement pas d'inspiration (ni d'aspirations) plus elevees que celle de journaliste sportif ou de presentateur meteo, il n'y a pas de sot metier. Au moins, ce sont des disciplines intuitives: tu cours le plus vite et donc c'est toi qui gagne; il y a moins de soleil et donc il fait plus froid. Mais alors, la finance.....

Pour vous donner une idee de mon "track record" dans cette discipline, il suffira sans doute de mentionner que je me suis lachement enfui au bout de deux seances des cours d'"introduction a l'economie" offerts par mon lycee en seconde, parce que je n'y comprenais deja rien. J'ai prefere faire du Grec Ancien a la place, c'est dire. Ou mieux, de rappeler que nous avons achete une maison a l'amorce d'une crise immobiliere sans precedent. Ce sera donc sans doute un post en forme de questions candides d'un sportif hippie immature, et en plusieurs episodes (car n'oublions pas que je ne dispose que d'une demi-heure de temps libre hebdomadaire, qu'il faudra encore caser Halloween avant le 31 Octobre et les elections avant le 4 Novembre, et que je viens deja de gacher pas mal de temps dans une introduction inutile du point de vue de l'information convoyee). Bref, allons-y.

Il y avait une fois, dans une lointaine democratie tres riche ou tout le monde vivait heureux, un marche immobilier florissant: les maisons ont double de prix entre 1996 et 2006, et se vendaient pourtant comme des petits pains. Une visite de residence a Westchester en 2006 ressemblait a une visite de studio ou deux pieces a Paris intra muros au mois de Septembre, aucune baraque ne restait sur le marche plus d'un mois et il etait frequent de voir des maisons se vendre plus cher que le prix originalement demande par le vendeur - la moindre bicoque partant au plus offrant dans une espece de vente aux encheres frenetique insensee et inimaginable aujourd'hui.

Dans ce contexte, et conscients que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles (les GIs allaient bientot nous ramener Bin Laden par la peau des fesses et le petrole de la Mesopotamie pour encore un bon siecle de prosperite, le Global Warming rendrait nos hivers si doux et nos Etes Indiens si romantiques) les banques deciderent d'accorder des prets immobiliers au premier venu. Ca partait peut-etre d'une bonne intention (le droit a posseder un logement pour tous) mais ce fut mal implemente: pour compenser le "risque" de defaut de payement par les emprunteurs les moins solvables, ("risque" est ici entre guillements parce que de toutes facons il est standard, en cas de defaut de paiement, de saisir la maison et de la revendre sur un marche en pleine hausse, donc c'est tout benef oblige), les banques inventerent un type special de contrat ("subprime") avec plein de pages pleines de petites lettres mais dont la premiere page offrait, en Arial black bold 22pt, un taux d'interet allechant - mais in fine des payements mensuels indexes sur les taux directeurs et plus eleves que les contrats standards. En parallele, pour diminuer encore leur "risque", les banques inventerent un moyen astucieux de se faire rembourser ces prets risques de toutes facons: les revendre par paquets a d'autres institutions financieres a travers le monde. (Exemple: la banque W accorde 100 prets immobiliers "risques" de cent mille dollars a 5% d'interet par an sur 30 ans. Elle les vend pour 12 millions de dollars a la banque Z et fait donc un benefice instantane de 12 millions moins 100 fois cent mille = deux millions de dollars. La banque Z, quand a elle, recouvre maintenant les remboursements de ces prets risques, qui si tout va bien totaliseront environ deux fois la mise de depart (~20 millions), pour un benefice de huit millions de dollars - ce qui sur 30 ans est appreciable si les taux d'interets des prets sont superieurs a l'inflation). Notons que ces "paquets de prets" sont maintenant de juteuses valeurs financieres dont la valeur fluctue en fonction du marche immobilier, des taux directeurs sur lesquels sont indexes les prets , mais aussi de la capacite des emprunteurs a rembourser les prets - arretez-moi si j'ai tout compris de travers. Ces paquets de prets commencerent donc a se vendre et s'acheter de par le monde. En parallele, comme ce business genial des prets marchait du tonnerre, ca a fait beaucoup de prets d'un coup donc les banques Americaines n'avaient plus d'argent. Pour continuer a faire tourner la machine, elles commencerent a emprunter a d'autres banques au-dela des frontieres ce qui contribua egalement a mondialiser l'affaire.

Ce modele marcha sans probleme pendant plusieurs annees, et je pense qu'un certain nombre de gens se sont fait pas mal d'argent grace au marche immobilier jusqu'a 2006; et c'est sans doute pour cela que de grosses banques survivent pour racheter celles qui se sont fait avoir. Seulement, mi-2006, les maisons ont fini par atteindre un plafond decidement completement deraisonnable, et les prix commencerent a baisser par un phenomene d'auto-regulation qui me semble bien naturel a moi qui ai joue a la balancoire dans mon enfance, mais qui a du echapper aux genies malins de la finance. En parallele, et pour une raison qui m'echappe mais qui pourrait bien s'apparenter aussi aux lois de la balancoire, les taux d'interets -sur lesquels sont indexes les contrats "subprime"- grimpaient. Les emprunteurs les moins solvables (ceux qui avaient signe le pacte "subprime" avec le diable financier) virent leurs payements mensuels augmenter, et commencerent a se rendre compte qu'ils etaient en train de rembourser un emprunt beaucoup plus eleve que la valeur de leur maison ! Beaucoup deciderent donc de revendre leur bien avant qu'il ne soit trop tard; pour d'autres il etait deja trop tard et apres quelques mois dont les fins ne furent pas bouclees la maison fut saisie par la banque pour revente immediate. Tout ca fit beaucoup de maisons d'un coup sur le marche immobilier, ce qui entraina une baisse des prix, et c'est reparti pour un tour de manege infernal, dette plus elevee que la valeur de la maison, revente, defaut de paiement, baisse des prix, etc.

Du coup, les banques, qui misaient sur le fait que les prets seraient rembourses d'une maniere ou d'une autre (elles avaient pourtant pris toutes leurs precautions pour cela) se retrouverent bien embetees: 1) les emprunteurs ne remboursaient plus; 2) plus personne ne voulait de leurs produits financiers derives des credits immobiliers; 3) elles avaient beau saisir les maisons, elles n'arrivaient plus a les revendre, et cela ne suffisait pas non plus a rembourser les prets qu'elles avaient accordes. Ca fait beaucoup d'argent... imaginons que trois millions et demi de menages Americains (environ un centieme de la population) ne puissent plus rembourser des prets de deux cent mille dollars chacun; ca fait deja 700 milliards de dollars de defauts de paiement, soit le plan Paulson ! et cette estimation crue ne tient pas en compte la mondialisation et les produits financiers derives....

Bref, voila qui pose le decor. Ou plutot, le volet "immobilier/finance" du decor - je n'ai pas encore aborde le prix du petrole ni la guerre en Irak ni les biocarburants ni la dette Africaine. Sentez-vous libres de reagir indignes a mon manque de comprehension ou de clarte, cela flattera mon ego de pseudo hippie middle age; et restez en ligne pour le deuxieme episode: comment la crise financiere afecte notre paysage immediat d'upper-middle class New-Yorkaise.

Bien le bonjour a la lune - qui se fiche bien de tout cela,

Francois

Tuesday, October 21, 2008

J'avais pourtant promis....

Je sais, j'avais pourtant promis que je ne publierais plus d'histoires de jeunes beaux gosses en short sur le blog, mais celle-la je ne peux pas ne pas la raconter, c'est la plus belle de l'annee...

Chaque village des environs a sa course annuelle. 5K, 10K, pour une bienfaisance locale ou lointaine.... notre petit village à nous a la "Harry Chapin Run Against Hunger" qui fait profiter, par un biais improbable de la Mondialisation et via un meconnu chanteur de folk local -Harry Chapin- et un recordman du monde du Marathon kenyan -Paul Tergat- les populations kenyanes de la generosite des sportifs New-Yorkais. Autant dire qu'on ne peut pas rater ca, surtout en ce dimanche d'automne de carte postale et quand le T-shirt cadeau est d'un orange Halloween des plus seyants pour qui porte cheveux blonds....

Il est midi petantes et tout souvenir de petit dejeuner est deja bien profondement enfoui dans les intestins lorsque la sportive et joyeuse meute s'elance pleine d'un entrain déraisonnable a l'assaut des collines Crotoniennes. La premiere ligne droite, en franche montee jusqu'a la bibliotheque municipale, suffit pourtant a decanter les troupes... Votre champion, quand a lui, se souvient de tous ces dimanches passes a faire la sieste buissonniere sur le chemin de cette meme bibliotheque, et ne se laisse pas intimider: c'est d'un pas leger qu'il couronne le sommet, et d'une demarche plus vive encore qu'il attaque la descente qui s'ensuit. La route zigzague maintenant jusqu'a l'ecole primaire; les Nike Air font leur job et votre serviteur se sent des ailes aux pieds. Un petit tour du parking et puis s'en vont, le champion est maintenant sûr de son pas et plus rien ne semble pouvoir le ralentir. Une grosse montee, un petit bonjour au policier il faut toujours etre aimable (surtout avec les policiers), un tournant a gauche, un bonjour au pompier, un tournant a droite, un nouveau col a passer... l'emotion est a son comble, les Crotonniens sont sortis sur le pas des portes applaudir les coureurs philantropes orangés a grand coups de clochettes et klaxons, et c'est une foule en delire qui entoure le dossard 519 dans la derniere ligne droite ! Un ou deux zigzags, pourtant, pour le style (prononcer: staïle), et ca y est !!!! Il l'a fait ! en 27 minutes et 48 secondes, le kilometre six cent neuf de la fun run against Hunger, on applaudit le champion !



Je crois que j'etais plus emu a l'arrivee que si j'avais couru -et meme gagne, on peut toujours rever- les dix kilometres pour les grands... Et aussi surpris de la performance exceptionnelle du Guimita, que je suis la premiere mauvaise langue a tourner "paresseux" sept fois dans ma bouche avant de parler quand il reclame d'etre porte pour aller de la maison a la voiture et de la voiture a la poussette... Mais l'enthousiasme qu'il y avait dans l'air, tous ces enfants heureux d'etre la et sprintant sur la ligne de depart, cette belle journee d'automne en T-shirt bleu par cinq degres celsius, et surtout ce magnifique dossard 519 qui l'a transcende... Guima etait dans les meilleures conditions pour donner le meilleur de lui-meme... Le trajet presentait un vrai denivelee, et un mile en courant ce n'est pas a la portee de tous ! Mais il a suffi de maintenir le fun, d'imaginer que la double ligne jaune du milieu de la route etait la voie ferree de Thomas le train qui essayait son nouveau moteur d'avion, de crier alternativement "attends-moi tu vas trop vite!" , et "Abiyoyo, Abiyoyo, Abiyoyobiyoyobiyoyo", de monter et descendre du trottoir de temps en temps pour rompre la monotonie, d'en donner cinq aux policiers et aux pompiers recontres d'aventure, et de s'arreter ci et la pour jeter des cailloux dans les bouches d'egouts... et de se laisser porter par le flot de tous ces enfants qui couraient autour de nous. Et ca l'a fait ! qui a dit que courir etait ennuyeux ?????

Epilogue:
Une fois franchie la ligne d'arrivee, vous pensez bien que la premiere chose que j'ai faite fut d'elever mon champion triophalement dans mes bras pour l'embrasser de toutes parts... mais Monsieur n'eut que faire de mes effusions, et continua a courir une bonne demi-heure de haut haut en bas de la rampe d'acces handicapes dans le hall du lycee. Au grand dam de la fierte du papa, Guima refusa categoriquement de porter sa medaille en plastique ou son T-shirt officiel orange: il faudra suggerer aux organisateurs une autre couleur pour l'annee prochaine. Cette apres-midi-la, le petit champion dormit quatre heures d'affilee; et le soir il mangea une platree de pates grande comme celle de son papa. Il ne s'est pas du tout rendu compte qu'il etait sans doute le plus jeune finisseur du Fun Mile de Croton-on-Hudson, il ne s'est meme pas rendu compte qu'il y avait une ligne d'arrivee. Il a juste passe une bonne matinee a rigoler avec son papa.

Et le lendemain, c'est moi qui avais des courbatures.....

Saturday, October 11, 2008

Couleurs d'automne....



Il y a une chose a laquelles toutes les crises financieres et economiques passees, presentes et futures ne changeront rien, c'est les saisons (quoique vous me direz, c'est pas sur...). Et malgre le fait que je sois bien conscient qu'il existe mille sujets plus urgents a traiter (les quatre dents et les premiers pas de Gabito, Guima qui change d'ecole, Obama et son Biden et McCain et sa Palin, et Paulson et ses idees geniales... Mais aujourd'hui est une journee parfaite d'automne et la tentation etait trop forte de sortir respirer la saison, prendre quelques photos et vous en faire profiter....

Nurt et sa "poussette double". Decidement, Mc Laren est aux poussettes ce que Toyota est aux voitures: robuste et fiable. Qui a dit trop petit?

Les citrouilles murissent sur les paliers... le 31 Octobre, elles indiqueront aux diablotins en vadrouille que c'est sans doute une bonne idee de frapper a la porte.

L'eglise d'a cote. Ce n'est pas Notre Dame, mais les arbres autours sont tout aussi jolis...


Ce qui pousse aussi en cette saison, c'est ce genre de panneaux publicitaires... Tu peux les acheter sur le site des divers candidats et afficher tes convictions a tes voisins. Dans le quartier, il y a un peu plus d'Obama. Ce sont eux qui ont fleuri les premiers, en tous cas.

Et voila notre petite maison, pour ceux qui ne la connaissaient pas encore. Un seul etage pour ne pas s'embeter avec les escaliers, un petit abri pour la voiture qui nous sert de terrasse, et des oiseaux qui chantent et des enfants qui crient dans le jardin; c'est la maison la plus accueillante du voisinage.
Ciaops,
Francois

Thursday, October 09, 2008

Hey guys !

C'est dans la boîte !
Pompier d'un jour...

Hello les copains, quoi de bien palpitant à raconter sous le soleil d'automne ? A part les arbres qui jaunissent, les temperatures qui refroidissent, les citrouilles qui mûrissent, et les sorcières qui des placards a balais surgissent, la vie quotidienne poursuit son train-train habituel et harassant. Gabito marche (ses premiers pas a 0.96 ans, qu'on se le dise !), Guimita parle, Nurt chante et Francois perd son temps sur Internet, bref la vie, quoi.

Peut-être que le clou de ces deux dernieres semaines (entendez: notre sortie bimensuelle de la routine boulot-niño-dodo) ce fut cette petite virée a New Rochelle pour donner nos empreintes digitales à l'oncle Sam -en vue d'une carte verte synonyme de permis de travail prochain pour Nurt, et de permis de démissionner (ou de me faire virer) de mon boulot sans me faire jeter à la porte du pays du même coup pour moi.

Bref, New Rochelle... une banlieue bizarre, en trait d'union bancal entre le Bronx et Westchester. Immeubles délabrés côtoient pavillons rutilants, il doit y avoir plein d'ecoles privées dans le coin. Son centre ville, son Halloween Superstore, la bibliothèque publique poussiéreuse mais avec les meilleurs ordinateurs du comté, son gratte-ciel de fer et d'acier et ses maisons abandonnées... lui donnent un charme étrange que vient accentuer son nom, emprunté sans doute à la francaise Rochelle, dont les souvenirs du vieux port et ses trois tours se mêlent aux présentes vues de poubelles renversées et de peintures murales dans nos tetes d'expatriés. Coincé entre une "Tienda del Dolar" et une enseigne en néon qui annonce fièrement "We cash checks", le bureau régional d'empreinte digitales des services US d'immigration ne paie pas de mine.
Tout était en place pour mal se passer: c'était l'heure de la sieste et ni chipmunk ni munchkin n'avaient encore dormi une seconde, même dans la voiture. Il s'agissait d'une démarche administrative et tout le monde sait que c'est comme le bricolage ou les (tentatives de) réparage d'ordinateur: on sait quand ca commence, on sait jamais quand ca s'arrête. Nous etions donc préparés au pire. En poussant la porte du petit bureau d'immigration, un spectacle surréaliste nous attendait.
Imaginez une salle d'attente d'un service d'immigration, murs en parpaings, sol en béton, une télévision a l'image délavée à force de la regarder qui diffuse des pubs dans un coin, des interdictions d'allumer son téléphone protable sur tous les murs, et 200 chaises en plastique gris déprime.... toutes vides !... nous étions les seuls petits immigrants ce jour-la ! L'aimable cèrbère uniformé de l'entrée, qui par ailleurs me pardonna magnamimement d'avoir oublie mon numero de sécurité sociale et de ne pas connaître les dimensions de Guima en pieds, pouces et livres, nous confirma par la suite qu'il n'avait jamais rien vu de pareil... On nous donna quand-même à chacun un numéro pour attendre, 79, 80, 81. L'opérateur de la machine à appeler les numéros les fit afficher avec zèle. Nous recopiâmes soigneusement sur un papier crasseux tous les chiffres que l'on peut trouver sur nos passeports. Ceci fait, on nous fit asseoir au premier rang aux places réservées aux gens pour qui c'est bientôt le tour. Un autre fonctionnaire nous appela aussitôt pour la prise d'empreintes proprement dit. Pour les adultes, le pouce, puis une photo de groupe des quatre autres doigts de chaque main, puis chaque doigt individuel en vue panoramique, puis chaque doigt de nouveau mais sans le panoramique. Pour Guima, l'index droit suffira (ouf !). Ceci fait, en écoutant les blagues (en espagnol) du dominicain souriant qui scannait les doigts de Nurt, et celles (en francais) de l'haitienne hilare qui me scannait les miens, l'on nous rendit nos passeports et nous pria de remplir encore un petit papier jaune, s'il vous plaît. Croyez-le ou non, il s'agissait d'une enquête de satisfaction du service rendu ! Je ne sais pas ce qu'a voté Nurt, mais Guima et moi on a noté "excellent" dans toutes les catégories: en une demi-heure, l'affaire était bouclée; et comme on était samedi (!!!! pas besoin de prendre une demi-journée de congé pour se faire tirer le portrait des paluches !!), on en profita pour faire un peu de shopping dans la ville et traîner autour de la bibliothèque....
Comment rendre un fonctionnaire aimable ? Je me souviens d'une pragmatique qui, dans le temps, m'avait suggéré cette reponse évidente: "paie-le bien" ! Un "immigration officer" a New Rochelle gagne environ $60000 par an (source: indeed.com). Comparez cela au revenu médian annuel d'un foyer dans l'état de New York: $50000 (city-data.com). Ceci explique cela ? le petit papier jaune a la sortie aide-t-il aussi ? Ou sont-ce simplement les sourires de Gabito et les grands yeux désiestés de Guima , conjugués a l'apres-midi magnifique et la salle d'attente vide ? En tous cas, j'espere garder longtemps ce souvenir d'un service d'immigration.

Ciao les copains, Gabito m'appelle... je suis en train de prendre sérieusement ma résolution d'être un peu moins inutile la nuit (et j'en profite pour frimer sur le blog). Je m'excuse d'avoir préféré aux premiers pas du sus-mentionné ce reportage bizarre sur une salle d'attente vide, j'essaiera de me rattraper c'est promis.
Bonjour à la lune,

Francois & Flia

Saturday, September 27, 2008

Hello les copains


Chipmunk
et Thomas le train

Hello les copains, ...
apres un post passe a m'auto-congratuler, voici un nouveau post a presenter nos magnifiques enfants. Je me demande comment j'ai encore des lecteurs sur ce blog en plus de mes parents. Enfin passons, et enjoy the pictcheures pliz.
L'actualite trepidante de notre petite banlieue tranquille, c'est qu'il pleut. Tant pis pour les sorcieres et autres extraterrestres a tetes de citrouilles qui commencent a debarquer dans les jardins du voisinage (Halloween, c'est le 31 octobre, et tout le monde sait bien que rien ne sert de courir...)
Du coup, Gabito est tombe malade, puis Guima. C'est un peu triste, le seul point positif c'est qu'a 9 heures du soir tout le monde est au lit et ca me libere un peu pour le blog.
A part ca... Guima est de plus en plus gentil avec son frere, comme quoi il suffit certainement d'une bonne dose de patience bien distillee et il finiront bien par s'entendre ces deux-la - ou au moins a se tolerer, donnons-nous des objectifs realisables. Guima lui a meme prete son ballon bleu une fois. On est sur la bonne voie....
Gabito... quatre petits bouts de dents qui emergent, une bonne grosse paire de poumons qu'il sait utiliser a bon escient (quand Guima s'approche trop), et deux petites pattes de derriere de plus en plus musclees... on attend de voir ses premiers pas... en attendant il nous traine a nous les parents, accroche par une main a un doigt, dans tous les coins et recoins de la maison.... ca fait mal au dos mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour nos enfants, non ?
Nurt... A part les chorales auxquelles elle consacre le plus clair du temps libre qu'elle n'a pas, elle fait du yoga pour contrecarrer le mal de dos et de l'anglais le dimanche toute la journee. Pendant ce temps, nous les mecs, on va boire des cafes en terrasse (photo) et regarder des matches de foot (bon, les matches de la ligue 7-9 ans de Westchester, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a hein ?)
Et moi ? je ferais mieux d'aller dormir, allez. Et vous, ca va ?
Bisous,
Francois & Flia

Thursday, September 25, 2008

3.1M

Ca y est, maintenant que vous etes au courant de la terminologie, on ne vous la fait plus a vous et je ne vais pas delayer l'introduction. Alors a vos marques....

Prets ???
Et c'est parti ! Ce serait une parfaite matinee d'automne si j'avais dormi la nuit et si j'avais un petit dejeuner dans le ventre... Mais qu'a cela ne tienne, Nurt m'a traine jusqu'a la ligne de depart pour ce dernier 5K de la saison (je ne pourrirai plus le blogs avec ces photos de p'tits mectons en short, c'est promis - du moins pour l'hiver). Apres tous ces efforts (de la part de Nurt, notamment tous ces reveils unilateraux la nuit pour s'occuper de Gabito et laisser dormir l'espece de champion du dimanche a cote afin qu'il puisse maintenir son rhytme bimensuel de montrage de guibolles sur le blog), ce serait bete de ne pas y aller. Enfin, comme vous pouvez en juger d'apres les photos, la concurrence n'avait pas l'air bien rude ce matin-la... A part ces petits jeunots en rouge du Westchester "Stratus" (rien que ca !) Running Club, et le gars maigre aux chaussures jaunes, rien de bien extraordinaire apparemment. Visiblement les gens sont plus venus pour la bonne cause (la Westchester Mental Health Association) et pour le fun (Scoobidoo qui danse le rap sur le parking sur l'air de Mac Donald a une Ferme) que pour la competition...
N'empeche que quand meme, quand il faut y aller il faut y aller et les Stratus decollent a toute vitesse... mais il suffit de quelques centaines de metres a votre serviteur pour se faufiler un petit chemin entre leurs epaules rouge flamboyant. Je me retrouve donc vite en tete du peloton et me detache meme petit a petit... Sauf d'un Stratus, plus tenace que les autres, qui me colle aux baskets et me respire dans les oreilles...
Je n'accelere pas trop, a quoi bon, on est en tete. Le Stratus reste derriere moi pendant un bon mile et demi, s'eloignant dans les montees, se rapprochant dans les descentes... A un mile de l'arrivee je prends une descente plus vite que les autres histoire de creuser l'ecart et... quelle n'est pas ma surprise de voir Chaussures Jaunes me depasser a au moins 120% de ma vitesse ! Ce n'est pas lui que j'attendais, ou est reste l'autre Stratus ? Bon, il va falloir faire avec alors. Je multiplie ma vitesse par 1.2 (ie mon rhythme cardiaque par 2 et mon nombre de decibels a l'expiration par 3) et je lui colle aux talons a lui, eh, chacun son tour. Mais le gars s'y connait, et cherche a m'epuiser... chacun de ses pas est plus rapide, et chacune de mes respirations est plus bruyante. Il sait que si je reste colle a lui, vu mon statut de petit jeune (eh quoi, tout est relatif, non ?) je risque de l'outsprinter dans les derniers metres... Bref il impose un rhythme d'enfer dans ce dernier mile qui est tout en faux plat positif, en une interminable ligne droite qui longe le parking numero 6, puis le parking numero 5, le parking numero 4.... l'arrivee est au milieu du parking numero 1, et ce gars va me faire craquer....
Mais la distance est vite avalee, surtout a ce rhythme, et l'arrivee est presque en vue... A ce stade, toutes mes mitochondries sont en feu. Notre Toyota est garee au milieu du parking numero 2. En la voyant, l'espoir renait et j'accelere a fond les ballons. Voila le parking numero 1, Nurt, Guima, Gabito et la ligne d'arrivee ! Je peux gagner ! Guima, au comble de l'emotion, veut me courir apres mais ne parvient qu'a emmeler les pinceaux de Chaussures Jaunes qui n'a meme pas essaye de sprinter avec moi... Je m'effondre dans les bras de Scoobidoo, j'ai gagne !
Derechef, tout est relatif... Mon temps n'est franchement pas extraordinaire, c'est parce que tout semblait si facile pendant les deux premiers miles... Mais Chaussures Jaunes m'a vraiment pousse a fond sur la fin ! Enfin, tout cela en valait la chandelle... non pas pour la medaille en carton, mais pour le droit de passer a la television... Les news locales etaient la, et m'ont donne une occasion inesperee de m'exprimer sur les maladies mentales, sur Guima et les ballons bleus, et sur mon intention d'essayer de faire mieux la prochaine fois....

Bref, comme je le disais dans les posts precedents... la course a pied, c'est bete mais c'est chouette... Ca reveille de la sieste, ca se substitue au cafe, ca rend beau et fort (mais pas forcement plus intelligent), et ca fait du bien partout, surtout quand on s'arrete... Mais c'est une drogue -avec ses bons et ses mauvais cotes.... l'un des plus mauvais etant l'accoutumance, qu'il faut concilier avec le boulot et la vie de famille... Pas de chance pour Philips ni pour Nurt. En plus, quand tu commence a faire quelque chose et tu y rencontre un peu de succes, alors la c'est formidable: l'ego est booste et tu ne peux plus t'arreter... si seulement j'etais aussi bon en ultrasons ou en passage d'aspirateur....
Epilogue
Guima, energise par la course, a fait au moins 10 fois le tour du parking numero 1 en courant pour revivre la traversee de la ligne d'arrivee... touchant. Quand a Gabito, il en est presque a ses premiers pas... il se tient debout tout seul suffisamment longtemps pour applaudir son papa !
Quand a Chaussures Jaunes, le matin suivant, il courait un autre 5K plus au nord... en deux minutes de moins qu'au coude a coude avec moi. Ce qui prouve que ce petit effort a mes cotes du samedi matin n'etait qu'une mise en jambe...
On peut le voir a l'envers cependant... J'ai battu ce samedi un athlete semi-professionel (de 51 ans cependant...). J'ai presque envie de citer Einstein encore mais ca deviendrait lassant....
Une question d'importance: mais qui regarde les news locales ?????: la secretaire du labo ! Heureusement pour l'instant elle a fait un bon job de motus et bouche cousue... mais elle a quand-meme du me denoncer au chef, qui ne va sans doute pas tarder a me tomber dessus et a me demander des comptes sur tous ces joggings d'entre midi et deux....
Et pour moi, la saison est finie... la consommation de cafe/bagel grille au beurre peut rebattre son plein, mon petit bonheur de milieu de matinee. J'attends les bras croises que le gars qui s'entraine avec moi a Philips (48 ans, 6 enfants et une devise: "Bosse dur, et ne cherche pas d'excuse: tu cours toujours le risque que quelqu'un qui aurait plus d'excuses que toi fasse un meilleur job que toi") coure son semi-marathon a un meilleur rhythme que moi mes cinq petits kilometres....
Ma resolution, maintenant, c'est m'occuper un peu plus de Gabito la nuit. Demandez a Nurt si je la tiens !

Bisous,
Francois

Wednesday, September 17, 2008

Rentree des classes


Le Ballon Bleu....

Hello les copains, comment va la vie ? Ici, rien de bien nouveau en dehors de Thomas le train-train quotidien.... Le papa court, la maman ne dort pas, le Guima trilinguise, le Gabito est en train de passer du stade de Chipmunk a celui d'Ecureuil, i.e. il commence a se tenir sur ses pattes de derriere... il n'y a vraiment pas de quoi en faire un fromage, meme un gruyere americain, encore moins un post. Meme l'appareil photo entre dans sa torpeur automnale, il parait que c'est le syndrome du deuxieme enfant... c'est nettement moins excitant, les parents prennent beaucoup moins de photos et les partagent moins volontiers avec leurs amis. Je pense que la vraie raison, ce n'est pas parce que bis repetita et qu'on a deja donne avec tout ce business des photos de bebe, c'est surtout parce que avec un toddler et un chipmunk a la maison eh ben va trouver une seconde et deux doigts de libres, le tout simultanement, pour appuyer sur le declencheur.
Bref, c'est la rentree des classes.
La rentree des classes ? Mais oui, evidemment que j'ai quelque chose a raconter ! C'est un evenement que je vis un peu depuis le banc de touche car dans mon building a air conditionne la vie est un continuum d'une saison toujours identique... Le seul changement notable pour moi a ete que dans la classe de Guima maintenant ils organisent des sessions de "show and tell": chaque enfant a son tour apporte un objet special et le montre et l'explique a toute sa classe. C'est super interessant mais les parents ca les oblige a se casser la tete pour se souvenir si le theme de la semaine c'est la lettre A ou ils en sont deja a B, ce qui nous arrangerait parce que Guima pourrait apporter le super Ballon de BasketBall Bleu de BeBe (qu'il adore) alors que dans le cas contraire il faudrait se contenter d'un bete avion ou d'une ambulance en plastique. Bref je termine ce post et je retourne a la cave chercher le papier de la maitresse qui doit etre sous la facture d'electricite qui est sous la facture du medecin sous l'offre speciale pour carte de credit sous les coupons de reduction du supermarche sous le vieux canape sous le sac de linge sale.
Bref je disgresse, mon point c'est que la rentree des classes c'est surtout un evenement... pour Nurt, dont le calendrier artistique se calque sur celui des charmants bambins de notre voisinage, et donc pour qui la vie quotidienne a profondement change de maniere radicalement jouraulendemesque.
Cette annee, Nurt a decide que les soirees, c'est pour les enfants... elle laisse donc de cote toutes ces chorales d'adultes: Popayan II dont le feu n'a jamais pris malgre toutes les boites d'allumettes qu'on y a gache; la chorale du Russe qui connaissait toutes les partitions par coeur de la ligne de soprano a l'accompagnement de grosse caisse en passant par les tenors et les violons, la chorale du petit mec de Greenwich Village qui seduisait toutes ces jeunes et moins jeunes filles en fleur avec ses airs de "je n'y touche pas"... et se dedie a un seul petit choeur d'enfants qui viendra repeter tous les mercredi soir a la maison. Une dizaine de petites tetes blondes et brunes (pour l'instant, il n'y a que des petits francais et des petits latinos !) qui se reunissent dans la joie et la bonne humeur chanter des chansons de Noel (rien ne sert de courir....) autour du piano de Miss Nurt dans notre petit salon Crotonnien. Pendant ce temps, les petits freres et soeurs de cette jeune assemblee sont laisses aux bons soins du baby-sitter benevole que je suis, c'est-a-dire que cette petite marmaille profite outrageusement de mon temperament de tonton debonnaire. En deux mots, mercredi soir c'est la fete a la maison. Les echos que j'ai pu capter de Nurt pendant les rares moments ou l'on a l'occasion de se parler, c'est que ca demarre bien -deux repetitions deja !- et que les enfants sont contents, en plus les parents sont prets a aider pour l'organisation de concerts, la publicite, et les aspects logistiques. Bref, jamais choeur de Nurt n'avais demarre sous d'aussi bons augures sous ces longitudes.
L'autre activite nouvelle de Nurt avec cette rentree scolaire, c'est la reprise du "choeur" de l'eglise latino-americaine de Croton. Cette operation s'avere legerement plus delicate (en effet, il s'agit de grandes personnes, et les grandes personnes, il faut bien le reconnaitre, sont nettement plus compliquees). Croton, comme sans doute mentionne auparavant dans ces colonnes, n'est pas precisement un village latino. En gros, il y a la famille Martinez (une Mama Colombienne s'est installee a Croton il y a 25 ans avec ses dix enfants) et quelques autres, ce qui est un peu mince pour ce village d'environ 5000 habitants. La famille Martinez est tres unie mais n'est pas forcement copain avec tout le monde, et les rangs de l'eglise sont pour le moins clairsemes a l'heure de la messe -mensuelle- en espagnol, au grand dam du pretre americain bilingue qui fait quatre heures de voiture depuis Boston pour voir ca. Cependant, Nurt a reussi a rallier un sympathique accordeoniste americain qui a appris son art durant son service militaire a La Celle St Cloud, France, sous le regne de de Gaulle; plus une Martinez par-ci une Martinez par-la, un ou deux autres volontaires et c'est parti ! Apres une eprouvante paire de repetition-marathons, ce vaillant petit groupe a reussi a animer une premiere messe qui aurait ete parfaite s'ils n'avaient pas chante le chant du bapteme du dernier petit Martinez en lieu et place du Kyrie ni le chant d'envoi avant la benediction finale. Enfin, ca a quand meme eu le merite de faire rigoler tout le monde, meme Nurt qui ne le prend pas mal, allez, entre copains; et puis c'est comme la course a pied ou le saut a la perche: il faut toujours laisser une petite marge pour faire mieux la prochaine fois.
Voila, sans transition bonne nuit... de rien a dire je me retrouve avec un post de quatre colonnes avec au moins autant de references privees, veuillez m'en excuser... c'est l'electricite de mercredi soir qui me charge comme un condensateur, vous me servez de resistance.
Bisous,
Francois & Cie

Saturday, September 06, 2008

5K2M



Vous n'avez pas compris le titre ? Haha, on voit que vous n'avez pas grandi dans une suburb a runners. 5K2M ca veut dire que samedi c'est fete foraine dans votre ville et que le matin les riverains ont le choix entre courir 5 kilometres ou marcher 2 miles autour de Main Street et Broadway , il y aura des medailles en plastique pour tout le monde et des bananes a l'arrivee, le tout pour une somme modique, une bonne cause et un petit T-shirt souvenir dans la limite des stocks disponibles.
Comme samedi dernier ca se passait a Ossining la ville voisine et que la bonne cause c'etait le district scolaire d'Ossining et ses 40% de latinos, nous decidames d'un seul chef que nous avions besoin de nouveaux T-shirts et nous inscrivimes a un evenement chacun: Francois aux 5 kilometres, confiant dans le lunchtime soccer pour le peps et dans le nighttime eyeopener pour la resistance que necessitent une telle distance; et Nurt, aussi courageuse que pretentieuse, aux 2 miles qu'elle savait devoir affronter avec Guima dans la poussette tout terrain et Gabito dans le sac a dos de rando.
Les choses, vues de loin, s'annoncaient tres simples. Il s'agissait de courir sur le trace de l'ancien aqueduct qui reliait l'eau potable de Croton a la Grosse Pomme au 19eme siecle, ce serait donc plat. On avait teste les deux miles avec les enfants le week-end precedent, ca s'etait passe sans trop de sueur ni d'engueulades. Le beau temps doux s'etait installe sur notre beaunlieue depuis une bonne semaine et une gentille brise continue commencait a faire voltiger les premieres feuilles orangees. C'est donc confiants que le jour J nous nous pointames sur la ligne de depart comme une grande famille unie (ou presque: Francois, flambeur et cherchant la photo-start pour le blog, se faufila au premier rang pendant que Nurt, fuyant les paparazzi et flanquee d'un bon metre cube de bebes leurs contenants encombrants pour jouer des coudes, resta en queue de peloton). Vues de pres, les choses etaient deja beaucoup plus compliquees: ce fameux samedi nous gratifiait d'une de ces matinees a vapeur, 30 degres 99% d'humidite, qu'on esperait pourtant avoir laissees derriere nous avec Labor Day. Il s'agissait en fait de l'escorte climatique de l'orage tropical Hannah qui devait frapper en grand plus tard dans la journee (eh oui, a New York on recoit les orages tropicaux, c'est ca aussi le fabuleux melting-pot de cette cote de l'immigration). De plus, Francois, arrive au premier rang et jaugeant les concurrents du jour, se trouva cote a cote avec un marocain du genre p'tit-plein-d'muscles et aux chaussures toutes neuves dont le sourire en coin laissait peu de doutes sur le peu de doutes qu'il entretenait a propos d'une concurrence de fouteux d'entre midi et deux. Heureusement, la fanfare de la high school, jouant "we will rock you" avec toute la conviction que lui permettait la demi-repetition qu'elle avait eu le temps de mette sur pied en ce debut d'annee scolaire, eut quand meme le merite de detendre l'atmosphere en attirant les day workers latinos de Ossining qui etaient en train d'attendre le travail une paire de parkings plus loin: une foule de fans instantanes qui ne se doutaient sans doute pas que c'etait un peu pour leurs enfants que ces messieurs-dames en Ascics Gel et T-shirts antitranspirants etaient en train de s'etirer la-haut sur l'aqueduct.
Le depart fut donne, la course fut courue, la marche fut marchee et je peux vous dire que je n'ai jamais vu un aqueduct presenter autant de denivelee. Visiblement, les New-Yorkais ont significativement revise le design original des romains et leur pente a 0.3%, sans doute pour des raisons de propriete inellectuelle, NDA... Il y a meme des escaliers par endroits ! Aussi, que le "Old Croton Aqueduct" porte bien son prime adjectif, il est tellement vieux que la nature a repris ses droits dessus ce qui inclut les arbres et leurs racines, les branches et leurs noix, la terre et sa boue, l'herbe haute qui coupe les jambes dans tous les sens du terme, et une sympathique population indigene d'oies sauvages et de glouglous qui aiment a flaner en famille les samedi matin de fin d'ete. Bref si moi je me suis bien amuse je pense que Nurt n'a jamais autant rigole avec sa poussette et son gros sac.
Resume des courses, je suis parti a fond les ballons de foot trop gonfles pour me rendre compte que j'etais en tete au bout de 500 metres. Realisant l'aubaine qui m'etait donnee de regler l'allure du peloton, je ralentis un peu histoire de pas trop fatiguer tout le monde tout de meme, ho, il reste quatre kilometres et demi. C'est la que tous les jeunes, beaux, grands, maigres, et irrespectueux de la vieille generation, membres du high school cross-country club commencerent a me passer devant. Cela continua jusqu'a ces deux petits jeunots d'environ 14 ans qui me firent decider que ca commencait a bien faire, la, et que je pouvais bien courir aussi vite qu'eux ils vont voir ceux-la. Les muscles gonfles d'orgueil tels la grenouille qui aurait vu la vache Milka, j'accelerai un tantinet pour les laisser derriere puis, sur la fin, un de leurs collegues qui etait en train de souffrir du climat tropical. Tout cela me laissa bien essoufle et transpireux profiter d'une jolie vue du podium en contre-plongee.
Pendant ce temps, Nurt et ses deux meilleurs enfants poursuivaient vaille que vaille leur petit bonhomme de chemin, escaliers par-ci, racines par la, coinces derriere une bruyante equipe locale de soccer feminin en train d'organiser une operation escargot. Gabito dans le sac a dos, fermement accroche a la criniere de sa monture, et Guima plus avachi dans sa poussette qu'un fouteux sur le declin apres 5 kilometres a fond dans une humidite amazonienne. Le comble fut, a l'arrivee, que le petit ruban commemoratif de participation honorable a l'evenement, ce fut a Guima qu'on le donna a grandes exclamations de "good job good job!" et pas a la Maman qui avait fait tout l'effort; c'est comme pour les montees de l'Everest, on se souvient des Knights Britanniques mais qui se rappelle du nom de leurs sherpas ?
Un peu plus tard, quand nos muscles endoloris nous permirent enfin de nous trainer en bas de l'aqueduct pour rejoindre les stands a bananes gratuites reservees aux participants, nous eumes l'occasion de faire la connaissance du petit marocain de la ligne de depart. Il ne s'agissait moins que de Khalid Khannouchi, double recordman du monde du marathon, et qui habite a Ossining avec femme et enfants... La course etait tellement difficile, chaude et humide ce jour-la qu'il avait prefere rester au frais a cote du stand de Gatorade a dedicacer des T-shirts...
C'est alors que la seconde epreuve du biathlon commencait: il etait 10 heures du matin, il restait douze heures de jour d'orage a s'occuper de deux enfants frais et dispos apres une promenade au grand air en caleche, entre deux parents extenues par un double effort masochiste. Je m'abstiendrai de ce recit pour essayer de rester fidele le plus longtemps possible a ma resolution de tantot qui etait de ne plus me plaindre autant, au moins sur le blog. Et puis, tout bien pese... il est 10 heures du matin, on a tout donne dans une marche/course a pied... inevitablement, une impression d'avoir deja gagne la journee nous accompagne, il peut bien se passer n'importe quoi maintenant. Le deluge Hannah peut eclater.

Bisous,
Francois & Cie

Monday, September 01, 2008

Hello

Hello les copains, voici un de ces posts, trop rares, ou je ne sais pas encore de quoi je vais parler... mais les deux zigotos sont endormis, et l'occasion est trop belle pour la laisser filer. Alors, delayons une longue introduction le temps d'appeler la fee inspiration, branchons l'appareil photo pour decharger les trois photos prises depuis hier, peut-etre y en aura-t-il une digne de publication, interrompons la Nurt pour lui demander ce qu'elle en pense, et... admettons qu'a trois heures de l'apres midi la muse de l'inspiration est sans doute en train de se baigner dans la riviere et qu'on ferait mieux d'en faire autant, et laissons les photos parler pour nous.... C'est notre fin d'ete a nous, demain c'est la rentree scolaire, vivez l'humeur du moment....
Enjoy,
Francois

Pour le Francois, c'est la fin de la saison des barbecues "team builders" du vendredi
Et des petits foot "creativity enhancers" d'entre midi et deux
Pour le Guima, qui pose ici fierement avec son chapeau carre et son diplome, c'est le passage avec succes dans la classe superieure

Voici le diplome, dument signee de deux profs d'un coup, unanimes en fierte
Pour Nurt, c'est un ouf de soulagement: elle aura echappe aux paparazzi tout l'ete; et pour Gabito, rien de bien nouveau, il est reste colle a sa Maman tout l'ete....

Et pour nous tous, c'est un bel ete qui s'acheve. Maintenant les feuilles qui nous tombent dans le bol de cereales le matin ne nous laissent plus prendre le petit dejeuner dehors tranquillement. On en aura bien profite, allez... On a bien de la chance, et on le sait, et en plus on a la sante
Un gros bisou a tous, et bonne rentree !

Friday, August 22, 2008

Un monde a part....

Hello les copains comment va la vie ? Laissez-moi vous raconter mon samedi apres-midi....
Notre copain Francois, quittant definitivement les USA apres un essai pas tres concluant, n'eut pas le temps de se defaire de sa voiture avant de s'empresser de reprendre l'avion pour son doux pays. Nous voila donc investis de la mission de vendre la bete, ce qui promettait d'etre l'operation la plus simple du monde: Francois s'etant deja entendu avec le dealer d'autos qui lui avait vendu cette voiture il y a moins d'un an, celui-ci allait la lui reprendre pour une somme modique pour un monospace Chrysler en parfait etat de marche (200000 kms au compteur mais l'air conditionne, l'autoradio et ouverture automatique motorisee (!) de toutes les portes.... l'affaire du siecle; si le moteur te lache sur l'autoroute ou la direction au tournant, pas de probleme tu as l'air conditionne pour attendre les secours). Ma seule et simple mission fut donc d'aller trouver ce dealer dans le Bronx, a deux pas du zoo et du jardin botanique de New York, pour lui rendre son petit joujou. Pourquoi dans le Bronx ? Croyez-le ou non mais ce dealer Dominicain du Bronx me reprenait la voiture pour 150% du prix que me proposaient les peu aimables dealers Americains de l'upper-class Westchester. Par ici il y a une expression qui ressemble a "mentir comme un arracheur de dents", qui dit : "honnete comme un dealer de voitures"... apres quelques coups de fils a cette gent la, j'ai appris d'ou ca vient...
Notre petite affaire se passa comme sur des roulettes a air conditionne et sans plus d'anicroche qu'un ou deux froncements de sourcils du dealer sur le manque d'huile du moteur a ouvrir automatiquement les portes glissantes... mais il a suffi de commencer a parler un peu espagnol pour que ses deux acolytes interrompent brusquement le suivi attentif d'un pourtant passionant match de base-ball a la tele pour discuter avec moi de la culture francaise, la bouffe, l'echographie du cerveau, mon salaire horaire, le football et les belles femmes de Paris. Bref c'est bien obligeamment qu'ils m'acheterent la grosse titine et indiquerent au desormais pieton que j'etais la station de metro la plus proche....
Et c'est a partir de cet instant que, bien qu'il fusse deja l'heure de la sieste bien sonnee, mes yeux s'ouvrirent sur un paysage oublie... chaque viree a la Grande Ville me fait le meme coup (en plus fatigant d'habitude parce que en general c'est avec les enfants), mais la c'etait la premiere fois que je decouvrais un autre borough que Manhattan. La station de metro s'appelait "Gun Hill", ce qui me tenta momentanement de marcher prendre mon train a la station suivante... mais c'etait un Bronx aux rues plutot tranquilles, et meme pavillonaires - mais avec des verandas completement grillagees, comme en Argentine les commerces apres la crise de 2002, rien a voir en tous cas avec Croton-on-Hudson et ses poussettes et velos negligemment laisses sur le pas des portes. On croise, c'est samedi, quelques barbecues improvises sur le trottoir, chaises pliables autour du coffre de la voiture... j'ai meme eu la chance d'entendre un vieux classique, Bob Marley Get up Stand up a plein volume ca m'a rappele ma jeunesse, dans une petite fete de quartier, chicken wings basketball et des enfants tout noirs courant de tous cotes sur le playground d'asphalte chauffe a bloc aux 15 heures du 15 aout.
Bref, arrive dans le metro de ce samedi apres-midi ordinaire qui devait me connecter a mon train de banlieue, il m'est donne de rencontrer de ce quartier ordinaire les habitants peu ordinaires ... Une grosse, vieille dame, casquette a l'envers, qui rappe sur le quai au son d'une musique inaudible... Trois minettes, pantalon baggy et casquette a l'envers, se disputant a grands cris un briquet pour leur unique cigarette. Une obese a talons hauts et T-shirt tete de mort. Un skater avec un blackberry. Un mec cool qui exhibe sa collection de pin's sur son chapeau dogon. Un bebe de 6 mois avec le crane rase a l'exception d'une longue meche fixee a plat au front avec de la gomina. Un autre couple, pantalon baggy et casquette a l'envers (decidement le dress code dans le Bronx c'est aussi strict que dans les conferences de neurosonologie... on se prend vite pour un moine a poil avec ses chaussures de runningue et son T-shirt taille M), avec un bebe de toutes les couleurs - noir avec des taches albinos sur les membres, superbe. Un pere de famille de 2 metres 15, pantalon baggy et casquette de travers, trois enfants autour des genoux et la petite derniere sur les epaules qui joue avec sa casquette. Bref ce que j'ai surtout retenu de ce trajet de metro qui m'emmenait du nord de New York vers le un peu moins nord de New York (de la 240eme a la 125eme rue), c'est que 1) ca prend aussi longtemps pour les gens du Bronx d'aller a Uptown en metro que pour les ceuxsses de Westchester (50 km plus au nord) de rallier Downtown en train de banlieue, sauf qu'ici, pas d'air conditionne et beaucoup plus de monde; 2) en 45 minutes de trajet environ, je n'ai pas vu un blanc dans ma rame de metro - a l'exception d'un latino endormi et d'un bebe albinos.
Pour le train de banlieue, il faut descendre a la station "Harlem - 125 eme rue". En debouchant des escaliers, on se retrouve au coin de Martin Luther King Boulevard et Malcom X Avenue (sic). Dans cette immense artere commercante qu'empruntent en semaine tous les cols blancs qui commutent des metros d'uptown vers leur banlieue, il y a un bon vieil air de Barbes - Rochechouart, en plus champetre. Dans la rue, plein de monde, et plein de commerce informel. Du mais grille, du beurre de karite, des coiffeuses a tresses fantaisie, des DVDs de kung-fu, des livres qui t'expliquent comment sauver ton ame, d'autres qui t'expliquent comment renaitre, l'auteur a ta disposition pour te les dedicacer, des enfants qui courent et des enfants qui mangent des glaces et des enfants qui font du velo le long du square Marcus Garvey, la biographie d'Elijah Mohammed en cinq volumes, et des piles et des piles de T-shirts Obama qui te regardent dans les yeux en te rappelant que Oui Nous Pouvons...
La station a trains de banlieue est vite arrivee... de la, plus qu'un billet a 10 dollars et tu as le droit a 45 minutes de soleil de l'apres-midi sur la mighty Hudson depuis ton siege molletonne, entoure de filles a magazines, de djeun's a iPod, de moins jeunes a laptops. Bref, le retour en terrain connu. Dans moins d'une heure, je suis au parc dans ma suburb avec Nurt et les enfants a jouer a ramasser des cailloux et les jeter dans la riviere...
Ca fait du bien de sortir de chez soi de temps en temps pour voir les vraies couleurs de la vraie vie - ne serait-ce que deux ou trois heures par an, et encore seulement pour rentrer chez soi bien vite d'un endroit ou l'on n'avait pas demande a aterrir en premier lieu. Mais finalement, le Bronx, Harlem, c'est un peu comme Paris : c'est sympa d'y passer en touriste mais je n'aimerais plus y habiter.
Et notre petit Croton, c'est vraiment un monde a part...
Bisous,
Francois

Thursday, August 14, 2008

Les enfants...

Une valse a mille temps...
Hello les copains, eh oui, il y avait longtemps que je n'avais plus touche ce sujet pourtant si cher... Ce qui me retenait, et qui me retient toujours un peu, c'est le souvenirs de ces dejeuners avec les collegues du LOA (mon labo de these, j'etais encore celibataire...) ou tous ces jeunes parents s'echangeaient les merveilles et miseres de leur progeniture a vous donner une envie folle de retourner travailler au plus vite, etudier l'influence des ondes transverses sur la validite des relations de Stokes a travers un bloc de titane a 1.5 MHz, a 13h15 de l'apres midi c'est vous dire... Puis, un an plus tard, marie, un enfant, mais le souvenir de ces terribles dejeuners encore bien chaud dans la tete, de passage au labo ce petit bout de sandwich informel avec mon ancien directeur de these, Jeff - jeune pere lui aussi - auquel avait cru bon de se joindre un autre collegue, Ralph, jeune marie mais pas jeune pere.... avec Jeff on a parle de nos fistons pendant une heure, Ralph avait deja fini son sandwich, sa tarte aux pommes et son coca qu'on avait pas encore avale une bouchee... finalement, a l'exact moment ou Jeff repose enfin sa canette vide sur le comptoir, Ralph se leve avec empressement et attrape sa veste. Ben quoi alors, Ralph, tu prends pas un petit cafe ????
Enfin bref, je sais ce que c'est que les histoires de marmots pour les ceuxsses qui n'en ont pas... Mais d'un autre cote, pour ceux qui ont passe le rite d'initiation et qui savent de quoi je parle, ce que je vais raconter est passionnant... car nos histoires d'enfants vont leur faire penser a leurs propres enfants....
Allons-y-donc en commencant par le debut. En France, les deux petits bouts ont enormement appris, comme quoi c'est vrai que l'education en France est quand meme bien meilleure qu'aux USA!... Pour resumer, Gabito a appris a marcher a quatre pattes pendant que Guima apprenait a se debrouiller sans couches. Ca leur a profondement change la vie a tous les deux, et a nous aussi : Gabito ca lui a simplifie la vie en nous la compliquant (plus besoin pour lui de ramper ou de proceder a une serie de chutes orientees pour aller piquer les jouets de son frangin, mais nous ca nous oblige a lui courir apres et lui interdire un tas de trucs); et Guimita ca lui a complique la vie en nous la simplifiant (il est oblige de se hisser sur ce trone beaucoup trop grand pour son petit derriere, mais nous ca nous evite bien des odeurs et une logistique complexe). Maintenant, Gabito marche a quatre pattes et se met debout sur ses deux pieds en s'appuyant sur chaises et tables et papa et maman et frangin, bref la medaille d'or de gymnastique assuree dans 14 ans. Il prend son grand frere pour un dieu, tout puissant mais pas forcement misericordieux.... la relation est souvent houleuse et entre faire l'arbitre tout le temps (et forcement prendre parti pour Gabito qui ne fait rien de mal, il est encore tout innocent le pauvre) et ignorer les evenements, on a souvent du mal a choisir.... notre solution la plus frequente est de separer les belligerants, a ce moment la c'est "un chacun": Papa-Guima Maman-Bebe ou vice versa selon l'humeur (de Guima)... mais ca n'est pas ideal, comme disait une copine educatrice "il faut eviter d'elever deux fils uniques". Bref des conseils ? merci (je suis sur d'exploser le record de commentaires en lancant ce debat la, hehehe).
Guima a enormement progresse sur le plan du langage. Le petit sejour en France lui a d'abord permis de passer le francais au statut de premiere langue vivante, ce qui ne m'a pas deplu a moi le papa, francais donc chauvin (mais pas autant que les redacteurs de l'Equipe, c'est terrible de suivre les JO avec ces gens-la)... Mais surtout, il a aussi appris a differencier clairement les trois langues qui l'entourent.... A l'ecole, il parle anglais, a Nurt, il parle espagnol, et a moi, il parle francais... et ca ne deborde presque pas ! Il peut aussi faire de la traduction simultanee, par exemple tout a l'heure dans son livre "the cat in the hat" le chat tenait un poisson dans un aquarium sur un rateau sur son chapeau en sautant sur un ballon (oui, petit ours brun c'est quand meme plus intelligent, vous avez bien raison) donc Guima me montre le rateau et dit "rateau" et alors la tu peux lui demander "et comment elle dit, Jen ?" et la reponse fuse "rake, Jen"... et comment elle dit maman ? "Maman, ratilo (rastrillo, NDA)".... Il n'arretera pas de m'etonner. En plus, c'est genial qu'il commence a communiquer verbalement comme ca on commence a avoir ces conversations d'anthologie que toutes les familles devraient consigner dans des petits carnets dores... Par exemple, l'autre soir, en partant se balader apres le diner:
"-Oh Guima, regarde la lune, elle est belle !
-Papa, attraper la lune ?"
Bref, j'aime Guima, et j'aurais certainement des dizaines d'anecdotes a vous raconter sur lui et sur Gabito... et Nurt pourrait bien y rajouter son lot. Mais j'ai peur qu'en plein mois d'aout et avec la concurrence feroce des JO, ce soit comme ecrire Harry Potter pour essayer de le vendre en plein Sahara. Je prefere vous laisser avec quelques photos supplementaires de notre petite famille qu'on aime bien, allez, surtout quand elle dort....
Ciaops,
F & Cie
Hey there !..
Choca los cinco !
Bonjour

Music together

Wednesday, August 06, 2008

Hey !


Salut les copains, voici l'unique photo de mon anniversaire de trente ans. Il n'y a qu'une seule bougie parce qu'on n'a trente ans qu'une seule fois. Guima fait la tete parce qu'on a mis au moins un quart d'heure a prendre la photo parce qu'on ne trouvait pas de piles, et finalement on a du extraire des vieilles piles pourries d'un de ses jouets a bruit sans sa permission. J'ai l'air bizarre parce que je pose pour ressembler a une chouette photo de mon anniversaire de huit ans. C'est aussi pour ca que la flamme de la bougie n'a pas l'air de vouloir vaciller, c'est parce que je ne souffle pas pour de vrai. Une autre raison pour laquelle j'ai l'air bizarre est qu'on a fete les trente ans avec la coupe la plus courte du trentenaire ! A la tondeuse, un tiers de pouce le sabot, a vous de faire le calcul. Ca me permet de perdre un peu de poids pour compenser le petit bedon de trentenaire acquis en France a grandes louches de fromage qui ne passe pas l'examen de sante pour la carte verte, en prevision des grands marathons de l'automne. Gabito est mort de rire parce qu'il me regarde et honnetement il y a de quoi rigoler si on sait prendre la vie du bon cote. Remarquez j'ai pris la resolution a trente ans d'arreter de me plaindre autant, je n'ai donc pas a me plaindre de ma coupe de cheveux, hein. Nurt est morte de rire parce que Gabito l'est et qu'elle le porte sur son coeur et qu'une pure joie de vivre diffuse en elle par osmose inverse. En plus c'est elle qui a fait le gateau donc elle est pour l'instant la seule a savoir precisement de quoi se rejouir. Ah, et accessoirement avec les vieilles piles de Guima l'appareil n'arrivait pas a rester allume pendant les dix secondes entre le moment ou j'appuyais sur le bouton et le moment ou il etait suppose prendre la photo ce qui m'obligea a plusieurs deux-metres-haies entre l'appareil et le canape par dessus le gateau, qui etaient en train d'entamer son systeme nerveux (de Nurt, pas du gateau)....

Bref on a bien rigole, on a juste regrette que vous soyiez pas la... mais on s'est vite fait une raison en se disant qu'il y aurait plus de gateau pour nous, ne vous inquietez pas !

Bisous,

Francois